Demain, Uneautrequemoi et Soacre se marient. Ils préparent ça depuis des mois et, dans une moindre mesure, moi aussi.
J'ai préparé la voiture parce qu'on a quatre bonnes heures de route, prévenu l'homme que départ à dix heures, ça veut dire départ à dix heures, fait les sacs, étudié mon maquillage, prévu trois tenues pour le brunch du lendemain et suis allée dans mon institut d'épilation pour faire un ravalement complet. J'avais oublié de quelle couleur était ma peau.
À Paris, rue de Tolbiac, j'avais trois instituts à moins de trente pas de chez moi. Il m'est arrivé d'oublier mes pompes et d'y aller en chaussons (on se relâche vite, quand on est en couple). Ici, c'est pareil, si on remplace « trente » par « dix ou quinze » et « pas » par « minutes ».
Pour une fois, je ne voudrais pas idéaliser ce qu'a pu être l'existence à Paris. Je ne prétendrais pas que les esthéticiennes locales étaient la classe, la professionnalisme et la douceur incarnées. Je me contenterai donc de dire que je déteste celles que j'ai ici et que j'ai la flemme de faire le tour du quartier pour en trouver d'autres.
La dernière fois que j'y suis allée, j'ai cru que ce n'était qu'une erreur de management.
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