Le Bel Avenir

jeudi 22 février 2007

Ça n'arrive qu'aux autres

Il y a deux sortes de familles : la mienne, et celle de l'homme.
Chez moi, on m'a toujours expliqué que la vie, c'est dur. Que le monde professionnel, c'est la merde, et c'est la merde partout. Qu'il faut se battre pour s'en sortir. Que peut importe ce qu'on souhaite, ce qu'il faut, c'est se vendre et se caser où l'on peut, comme on peut. Qu'il faut courber l'échine. Et acheter un chien pour lui casser la gueule en rentrant du boulot, ça détent.
D'ailleurs, la merde au boulot, j'en connais un rayon. Je ne travaille même pas encore depuis deux ans, mais j'ai fait du concentré.
Parmi ceux qui peut-être passeront par ici, il y a ceux qui avaient lu le blog précédent et qui m'ont vu passer des journées à actualiser des documents sans intérêt parce que mon patron avait une mitraillette à la place du cerveau ; ceux qui me connaissent et qui m'ont vu m'empêtrer face à schizophrène malade (parfois un bon pléonasme, ça ne fait pas de mal), passer un mois en arrêt maladie pour « dépression réactionnelle » (on goûtera le message caché) et finalement me faire virer.
2006 : un mois de chômage par semestre, un mois d'arrêt maladie, un mois de vacances forcées. Eh ben, c'était épuisant.

Mais 2007 arrive, et avec la nouvelle année, les projets de mariage et les déménagements. Je prends mon courage à deux mains, et je remonte sur le ring. Le monde du livre, c'est la croix et la bannière ? Qu'à cela ne tienne ! Virage à 90°, je me tourne prestement vers l'informatique. Je n'ai aucune idée d'où je vais et de comment je vais y arriver, mais j'ai un futur mari à nourrir et un loyer à payer.

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vendredi 9 février 2007

Welcome

Je fume ma troisième cigarette. Je viens de raccrocher. Dans les barres d'immeuble en face, quelques lumières sont allumées. Il n'y a pas eu une seule voiture dans la rue. J'en entends une, parfois, vrombir au loin. Je dis « parfois », mais ça fait un quart d'heure que je suis là. C'est long, un quart d'heure.

Rewind.
C'est bizarre de n'avoir rien écrit depuis un an. J'ai l'habitude de ne pas avoir à revenir en arrière, de reprendre mon histoire là où je l'ai laissée. Je vais faire court. Je quitte Paris.

Ça veut dire tout laisser derrière soi – l'homme excepté, évidemment. Beaucoup de choses ont changé en un an. Je suis amoureuse et je vais me marier. J'ai un coloc étrange que j'aime et dont j'ai du mal à parler. J'ai bossé neuf mois pour un schizophrène paranoïaque qui a fini par me virer. J'aurais dû continuer à tenir un blog à ce moment-là, mais la fatigue, tout ça. Je le poursuis aux prud'hommes, et comment dire, ça me fait plaisir. Mais j'aime toujours Paris. Je suis toujours chez moi. C'est toujours mon village, c'est toujours mon bocal.

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