Le Bel Avenir

lundi 28 novembre 2005

L'Amour du risque

Ça ne vaut peut-être pas le coup de faire une note là-dessus, mais c’est à ça que sert ce blog après tout. Alors voilà : ce week-end je me suis fait mordre par un rat.
Ça avait bien commencé, pourtant. À 18h30 vendredi, Big-Boss n’est pas entré dans mon bureau pour me tenir la jambe jusqu’au lundi matin. Exceptionnel.
J’avais trouvé le courage et l’énergie de passer chez mes parents. Fabuleux. Personne ne m’a violée dans le RER.

On s’est fait un bon début de soirée tous les quatre. Couscous au restaurant, avec les parents de bonne humeur, la petite sœur que je n’avais pas vue depuis la rentrée et qui a pris cinq centimètres.
Pas de prise de tête intempestive. Pas de besoin pressant d’entrer dans le costume de la fille parfaite pour voir un peu de lumière dans leurs yeux. Je me disais même que c’était dommage que Pierre ne soit pas là.

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jeudi 24 novembre 2005

Questionnaire : vingt choses inavouables

En attendant de voir tomber le châtiment qui m’attend – je vois, de loin, le patron aux aguets, humant l’air après la catastrophe – voici le fameux questionnaire qui circule sur 20six en ce moment[1].
Vingt choses inavouables, que ça s’appelle. Bon.

Et c’est là qu’on se rend compte que parler tout le temps ou écrire des notes de vingt mètres de long ne veut pas toujours dire que l’on se confie.
Et c’est là qu’on se rend compte qu’entre se confier et avouer l’inavouable, y a pas la moitié d’une marge.
Allez, je me lance. Amour du défi, quand tu nous tiens.

1. Quand j’étais au primaire, pour me venger de deux petites pestes qui m’avaient fait une crasse, je les ai toisées depuis le perron, et je leur ai déclamé, d’un ton dramatique :
– Ma vengeance sera terrible…[2]

Tout y était. Le décor (la cour de l’école un peu glauque), l’intrigue (ma meilleure amie qui me trompe avec une autre), l’ambiance (le froid glacial).
Bref. Ça m’apprendra à me servir de TF1 au lieu de mon cerveau quand je veux envoyer une réplique cinglante. Quand je pense que je n’ai jamais regardé un western en entier. Aujourd’hui encore, j’ai honte.
Dieu merci, elles ne m’ont pas entendu. Enfin, je crois.

Notes

[1] On me l’a fait passer plusieurs fois. Je dois avouer humblement que je serais bien en peine de citer qui et quand.

[2] NDLR : Pour une bonne lecture de cette réplique, il importe de rouler les « r », d’insister sur le « ven » de « vengeance », de faire les gros yeux, et d’avoir des chaussures blanches en peau de croco.

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vendredi 18 novembre 2005

Faudra retourner bosser lundi

Depuis le début de la semaine, tous mes soirs sont des dimanches. Je veux pas y retourner. Je veux pas. Je sais qu’il m’attend, version 22 en main, les yeux brillants. Je veux ma maman.

Jeudi matin.
J’essaie d’arriver tôt. Je prends les devants, quarante-six feuilles de brouillon et un stylo, et je me prépare à vider la mer avec une petite cuiller. Il reprend depuis le début. Il réécrit cinq fois la lettre d’introduction. Il s’interroge à voix haute sur chaque mot, chaque virgule. Je me suis préparée psychologiquement.
J’encaisse.

Et puis il lève la tête, et il dit :
– LBA.
– … (Ici, mettre cinq secondes de silence et une forte odeur de sueur.)
– LBA. Ça ne va pas aller.
– … (Parfois on a des pannes de répartie, et c’est jamais au bon moment.)
– Faut que t’arrêtes de changer d’avis tout le temps. D’ajouter partout de nouvelles idées qui sortent de nulle part.
– … (Là, je propose de ne pas faire de commentaire, il y a peut-être dans l’assistance des âmes sensibles.)
– On perd du temps, là, faut avancer, faut avancer.
Je fais un petit arrêt cardiaque.

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mardi 15 novembre 2005

Je voudrais qu'il m'oublie

D’habitude, on organise des tours de garde. Gérer un mec pareil seul, ça serait possible, ça se saurait.
Passez une semaine avec lui : on comprend tout de suite mieux ce qui s’est passé, le jeudi noir. La preuve : on se jetterait volontiers par la fenêtre.

D’habitude, on organise des tours de garde. Mais en ce moment, je me sens un peu comme Jean-Baptiste recherchant désespérément un copain dans le désert. Je me sens seule.
Disons les choses comme elles sont : Je me sens pire que seule, je suis coincée avec le patron. Depuis trois semaines, il n’arrête pas.
Le matin, quand j’arrive, il est là. Il fait le guet devant mon bureau. Quand j’ai l’impression d’y avoir échappé, que je m’assois avec un soupir de soulagement – bruyant, comme il se doit – j’ai droit à un répit de trois à cinq secondes. Jamais plus long.

Mon téléphone sonne :

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lundi 7 novembre 2005

Du côté de chez Marcel

Histoire de se reposer un petit peu, voici le questionnaire de Proust, que m’a élégamment fait passer Druu. Ben vous allez pas me croire, mais ça m’a fait hyper bizarre de parler de moi, là. J’en étais presque à trouver les questions indiscrètes. Je dois manquer de sommeil.

MA VERTU PRÉFÉRÉE
Être capable de laisser sa chance à chacun, ne pas juger au premier abord.
On dirait pas comme ça, mais c’est un de mes chevaux de bataille. Faut que je m’arrête tout de suite, sinon je vais faire toute la note là-dessus.

LE PRINCIPAL TRAIT DE MON CARACTÈRE
Une alternance toute raffinée et particulièrement rapide entre des moments d’extase égoïste complets et d’autres de dépression profonde. Assez fatigant, au quotidien, je dois dire.

LA QUALITÉ QUE JE PRÉFÈRE CHEZ LES HOMMES
Ne pas se laisser marcher sur les pieds. Ça a l’air de rien, mais c’est pas si courant.

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jeudi 3 novembre 2005

Douce Fran-ceu. Doux pays de mon enfan-ceu.

Un commentaire de PourquoiPas vient de me glacer le sang.
Faut absolument que je vous raconte ça. Je vous donne le contexte, promis, je fais court (mybloody, attention, ferme les yeux ou saute un paragraphe).

Donc, un jour, une fille rencontre un garçon. Vous connaissez l’histoire, ils se regardent, c’est comme s’ils s’étaient toujours connus, ils ont de la lumière dans les yeux et du vent dans les cheveux, ils baisent comme des bêtes, elle perd son soulier de vair, il la retrouve. Ses deux belles-sœurs, ses salopes, se font bien avoir, et elle suit le prince dans son château.
…Dans son château, à Lyon. Pire. Dans la campagne à côté de Lyon.

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